
Souvent, on entend que l’économie est cynique, qu’elle est inhumaine, qu’elle est immorale. C’est pour ça que bien souvent, cette science (définitivement humaine) se heurte aux idéologies, qui sont des réfutations des faits au profit des idées.
Au juste, qu’est-ce que l’économie ? L’économie, c’est l’étude de faits de société, c’est l’extraction de données réelles afin de bâtir des thèses, et de retirer la meilleure formule pour la meilleure efficacité économique. La définition du (media)dico : Science sociale des mécanismes de production, de distribution, d’échange et de consommation des biens et des services.
Un bon économiste doit être parfaitement impartial, ses thèses, ses conclusions, doivent être basées sur de nombreuses observations. Il doit repérer les liens entre chaque variables et en tenir compte. C’est d’ailleurs là dessus qu’on différencie un économiste d’un idéologue : l’économiste établit des liens de causalité, l’idéologue s’appuie sur des corrélations. L’économiste est dégagé, il doit se pencher au dessus du système, et sait qu’il ne peut y prendre part sans risquer de fausser son objectivité.
L’économiste, surtout aujourd’hui, doit avoir une vision mondiale. Il doit se baser sur les résultats et fonctionnement de tous les pays, en tenant compte des diversités culturelles et des coutumes de ces pays. Il doit tester en permanence ses modèles, en prévoyant toutes les conséquences possibles. Mais surtout, il ne doit jamais oublier que ce qui est vrai aujourd’hui a peu de chance de l’être demain. Car on ne peut, en aucun cas, prévoir les agissements de sept milliards d’Hommes, on ne peut ni définir ni deviner des variables telles que l’offre et la demande. Prendre les paris sur ces variables est l’œuvre des entrepreneurs.
En clair, la science économique est, selon Raymond Barre « la science de l’administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l’aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités ».
Bref, on ne peut décemment pas taxer la science économique et ses pratiquants de cynisme. Leurs conclusions sont les résultats d’observations, d’essais. Leur objectif est de prévenir des maux desquels les marchés peuvent souffrir, c’est leur mission et l’Homme n’a de valeur que dans sa fonction d’acteur des marchés. Cette position peut paraître indélicate, rigoriste et même parfois impitoyable mais même si c’est souvent le cas, ces adjectifs font partie des qualités de cette science. Car dans les sciences, il n’y a pas de place pour le pathos.
L’économie n’est pas immorale, elle est amorale. Bien qu’en France, l’économie soit liée à la politique (on peut même parler d’économie politique), la tradition anglo-saxone considère la science économique comme un outil d’analyse, et respecte donc les exigences de l’analyse.
Mais rassurez-vous, vous qui aimez le pathos, vous qui êtes prêts à fermer les yeux sur des réalités car elles ne vous semblent ni humaines, ni morales, justes ou vertueuses, nos états sont régis par des systèmes électoralistes. Vous pourrez donc toujours compter sur les politiques pour s’adonner à l’idéologie et combler le manque d’humanité de l’économie par des promesses fantasques et pleines d’espoir.

11 octobre 2009 at 20 h 16 min
« Car on ne peut, en aucun cas, prévoir les agissements de sept milliards d’Hommes, »
Ce n’est donc pas une science, elle s’efforce de prévoir en s’appuyant sur le passé, mais elle n’a aucune stabilité. Très peu d’entre eux avaient prévus la crise, très peu peuvent en prédire la fin…
11 octobre 2009 at 20 h 33 min
La science économique n’a, d’après moi, pas la prétention de pouvoir prévoir. Elle se contente d’analyser et de simuler des modèles.
Elle ne pouvait pas prévoir que le gouvernement Clinton imposerait aux banques de prêter à des personnes insolvables, dans le cadre de son plan d’accès à la propriété. Elle ne pouvait pas non plus prévoir ce que feraient les banques de ces crédits.
Cette crise est une crise purement financière, c’est une crise de confiance. Les conséquences sur les entreprises sont relativement faibles. La reprise se fera peu à peu, et ce qui la provoquera, ce sera l’attitude des acteurs des marchés. On aurait pu avoir oublié cette crise très rapidement, tout simplement en se disant qu’elle n’existait pas. Car concrètement, elle n’existait pas vraiment.
10 novembre 2009 at 17 h 28 min
[...] élection est pire que la précédente, et la plupart des Etats régressent. Dans mon article sur le cynisme et l’économie, je conclue en disant que les politiques pratiquent l’idéologie et le pathos à [...]
12 novembre 2009 at 18 h 47 min
« Mais rassurez-vous, vous qui aimez le pathos, vous qui êtes prêts à fermer les yeux sur des réalités car elles ne vous semblent ni humaines, ni morales, justes ou vertueuses, nos états sont régis par des systèmes électoralistes. Vous pourrez donc toujours compter sur les politiques pour s’adonner à l’idéologie et combler le manque d’humanité de l’économie par des promesses fantasques et pleines d’espoir. »
Simple supposition : Et si ces même politique agisse de maniére a faire prospérer l’économie plus que autre chose, si ces même politique qui use d’idéologie diversse ( partie politique ), non en réalité qu’un seul objectif, imposer l’économie au monde au dela de toute morale.
L’économie est peux être amorale dans le sens ou cette derniére est une science, donc une idée définit sur le monde, qui ne laisse pas de place au phatos, l’économie se doit d’etre une science exacte qui na pour seule objectif que le chiffre, ici l’argent.
En somme c’est une idée de plus pour penser le monde, seulement ne peut-on juger l’économie d’immorale si celle si est dicté par des gens immoraux !
La est toute la question, car en effet si l’économie reste une science qui établie un modéle de vie au systéme, car le systéme est économie et vis versa, ou est la palce de l’humain dans toute sa.
Peut-on dire que l’économie est amorale alor que des gens immoraux tienne les reinnes de cet même économie.
Des lors il existe un rapport de causalité entre ces 2 monde, ( politique, économie ).
Et ce qui découle naturellement d’une politique ne pensent qu’avec l’argent c’est forcément une conduite immorale et non amorale.
En conlusion, Je pense que l’écomie est une bonne chose pour des gens immoraux, car elle est instable, en constant changement et promet de la même facon qu’on nous berce avec des idéos politique dans l’espoir de jour meilleur, d’économie grandissante, de bourse en hausse.
12 novembre 2009 at 19 h 06 min
Camille, l’économie est. Ce que je veux dire, c’est que c’est un concept distinct de l’argent, de la politique, des régimes… Comme le dit Raymond Barre l’économie c’est : « la science de l’administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l’aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités ».
On aura toujours à administrer nos ressources, même si on le fait via le troc…
J’ai du mal à te répondre avec clarté, car ton commentaire est un peu brouillon. Ce n’est pas méchant, je ne veux pas te rabaisser. Il y a qu’il te manque quelques notions pourtant essentielles dans la compréhension du débat.
Quoi qu’il en soit personne ne « tient » les rennes de l’économie. Les Etats interviennent (ce qui est un danger), mais ensuite il n’y a que des acteurs. Il n’y a aucun « maître absolu », aucun « dirigeant », simplement une quantité infinie d’acteurs.
Je te conseille de lire mon article de mardi soir, sur la démocratie. J’y évoque le lien entre économie et politique.