
Avec ma pote Siam on parlait de smileys msn. Et elle est drôle Siam. Elle m’a fait rire d’ailleurs. Regardez plutôt.
(Là vous vous attendez à la blague des nuls, mais non, je ne le ferai pas).

Merci à Presse-Citron pour le concept de rapido :)
Beeh.
Suite à mon dernier article, et régulièrement quand j’exprime mes idées, je suis confronté à une forme toute particulière d’argumentation. En effet, certaines personnes, qui ne partagent visiblement pas mon opinion, en viennent très facilement à l’insulte. Ils reprennent mes propos en les interprétant, et essaient de façon systématiquement hasardeuse de définir mon obédience politique.
C’est un des grands maux de la France. On a peur de réussir, parce qu’on a peur d’être détesté pour ça. C’est vrai, dès qu’un type s’en sort, les regards des français à son égard se durcissent très franchement. Si en plus le même type affiche cette réussite, c’est vraiment le roi des salauds. C’est même carrément un enculé. C’est un truc typiquement français qu’on retrouve dans tous les domaines, dans la musique, dans l’entreprise, et même sur le web. Ou devrais-je dire, sur LeWeb, puisque c’est précisément ce sujet qui me fait réagir.
En effet, en général, les types de twitter en France n’aiment pas trop Loïc Le Meur. Enfin en tout cas dans mon entourage. On m’a expliqué les raisons de cette haine tenace, et même si je ne partage pas ce sentiment, je ne le trouve pas idiot. Ce que je trouve idiot, par contre, c’est que comme ces types n’aiment pas LLM, ils essaient de saper tout ce qu’il fait. Notamment LeWeb.
LeWeb, c’est la grande conférence Internet européenne. C’est une référence. Elle n’a pas d’égal en Europe. C’est plutôt bien qu’un truc comme ça se passe en France, vu que dans notre bon pays, qui se galvanise d’être le meilleur, d’être le pays avec le meilleur système, le pays de la démocratie et des droits de l’homme, dans notre bon pays, donc, on est à la traîne en matière de Web et de nouvelles technologies. En fait, on a que dalle, on est clairement des merdes. Mais, on a LeWeb, grâce au bon vieux lolo, on a cette réunion qui peut permettre aux français de passer les frontières. Tout le monde devrait être ravi ! Et même féliciter Loïc et Géraldine pour ce succès.
Mais non, pas du tout. Ca va pas s’passer comme ça, t’es con ou quoi ? Un truc qui marche bien comme ça depuis trois ou quatre ans, on va plutôt essayer de le casser. On va montrer qu’on est une sacrée bande de bœufs, on va pourrir le hashtag #LeWeb, on va cracher sur ceux qui y sont. Voilà, ça, c’est bien, c’est intelligent les gars, bravo ! Vraiment, merci de montrer à quel point vous êtes des crétins ! Merci de justifier l’échec national. C’est ça l’identité nationale française, une sacrée bande de losers qui haïssent la réussite, qui haïssent les entrepreneurs, qui haïssent ceux qui se démènent pour faire briller ce pays totalement encrassé.
Et ça se retrouve partout. Par exemple, tiens, la musique. C’est vrai, un groupe, dès qu’il signe avec une major, dès qu’il commence à vendre des CD et à prendre la tune, il découvre une ribambelle de nouveaux détracteurs, ces crétins qui disent : ouais, c’est commercial. C’est… commercial ? Ouais, c’est vrai, à partir du moment où les albums sont mis en vente, c’est commercial, bien vu mec. Mais sinon, tu veux dire quoi par là ? Que parce qu’il a du succès, sa musique n’est plus « bien » ? Parce qu’il a du succès, sa musique n’est plus « vraie » ? Bordel, à quoi ça sert de percer alors, hein ? Si quand on se met à réussir on fait que de la merde, pourquoi se casser le cul hein ?
Ca me fait gerber. Autre attitude typiquement française : le patron, c’est un salaud. Certains pensent même que le patron devrait toucher le même salaire que ses employés. Ouais, qu’il devrait peut-être même prendre moins de fric.
L’entrepreneur c’est quoi ? C’est un type qui un jour a pris un risque. Il s’est dit : tiens, je vais monter ma boîte. Je vais quitter mon boulot, je vais quitter cette situation stable, cet avenir plutôt assuré, et je vais créer mon activité. Je vais réunir tout mon fric, je vais faire un emprunt, je vais chercher des investisseurs à qui je devrais des comptes, et je vais monter mon affaire.
C’est ça la notion la plus importante de l’entrepreunariat, la prise de risque. L’entrepreneur, c’est un type qui a pris un risque. C’est un type qui a pris ses couilles et qui les a posées sur la table avec un hachoir à côté. J’ai envie de le féliciter moi, j’ai envie de lui dire : vas-y gars, lance toi, et cartonne ! Putain ! T’es un vrai ! Et si tu cherches à embaucher, pense à moi.
Ben ouais, un entrepreneur, il crée du boulot, il crée du fric. Il rapporte du fric à ses fournisseurs, il permet de marger à ses distributeurs, il apporte une offre nouvelle sur un marché et offre du travail ! Il fait tout bien le gars, bravo !
Pourquoi lui cracher dessus ? Pourquoi le faire chier tout le temps ? Félicitons nos entrepreneurs, continuons à aimer les artistes qui percent, et arrêtons de saper les types qui font bouger la France. La France est inerte, la France ne réussit dans rien, et quand quelque fois on brise ce cycle, y’a toujours une bande de connards pour cracher dessus.
Ca me fait gerber.
En France, le clivage gauche droite est prépondérant en plus d’être perpétuel. Il est en effet omniprésent dans le débat politique : il le formate. Il n’est pas rare, même plutôt fréquent, que lors d’un débat de fond sur quelconque question, on me demande où est-ce que je me positionne sur l’échiquier politique. Est-ce que je suis de gauche ? Est-ce que je suis de droite ? Ces questions deviennent même parfois plus importantes pour mes interlocuteurs que le débat lui-même.
L’origine de cette représentation de la sphère politique est l’Assemblée constituante de 1789, au cours de laquelle les députés se séparèrent à droite et à gauche du président de l’assemblée. Les partisans du droit de véto pour le roi, constitués de nobles et de membres du clergé, se placèrent à droite. Les patriotes (constitués de membres du Tiers état) à l’opposé, à gauche.
De cette époque nous avons conservé le clivage. Les conservateurs, partisans de l’autorité en place, sont à droite. Les progressistes, partisans d’une transformation sociale, se placent à gauche de l’hémicycle du Palais Bourbon. Cette représentation est reprise dans la plupart des pays organisés en assemblée. Dans les pays anglo-saxons, on parle de « Right » et de « Left » et « New Left ». En Russie, la droite est très logiquement occupée par le Parti Communiste, puisque ses membres sont opposés aux réformes. Car la transformation sociale russe est une route vers la capitalisation du pays.
Considérant le fonctionnement de la France, l’UMP et le Parti Socialiste sont-ils toujours à leur place ? La question se pose, car le Parti Socialiste souhaite conserver le fonctionnement actuel de l’Etat, et souhaite même augmenter la protection sociale pourvue par l’Etat-providence. Ainsi aujourd’hui, les conservateurs sont socialistes.
Qu’en est-il de l’UMP ? Ce parti annonce vouloir réformer le fonctionnement de l’Etat, en essayant de restructurer l’aide sociale. Mais avec des réformes comme le RSA, avec des actions comme le grand emprunt national et le plan de relance, l’UMP reste profondément keynésien. L’UMP est donc, lui aussi, conservateur.
Etant tous les deux conservateurs, leur position distinctives sont finalement faussées. En appliquant strictement le processus du clivage gauche-droite, l’UMP est en effet à droite, mais le PS, lui, l’est encore plus. Si j’étais gonflé, je pourrais même parler d’extrême droite, bien que cette place serait logiquement occupée par les communistes.
Et dans tout ça, le centre, c’est quoi ? C’est un parti qui « provide » un peu mais pas trop ? C’est un parti qui conserve avec des additifs, comme des colorants ? Non, vraiment, je fais des blagues (mauvaises d’ailleurs), mais je me pose réellement la question. Dans un échiquier « respecté » ou dans l’actuel, quel est le positionnement du MoDem ou du Nouveau Centre (qui envisage de reprendre l’étiquette UDF) ? Ils mettent en avant la démocratie. Mouvement Démocrate, Union pour la Démocratie Française… C’est joli, mais ça ne veut pas dire grand chose en vérité. Le but est-il de prendre les idées qui claquent par-ci par là, d’être une troisième voix, enfin en gros, de ramasser les miettes ?
Fruit d’un échiquier mal branlé, le « Centre » n’est que l’éjaculation de masturbateurs intellectuels réunis autour d’un but commun : être élu quelque part.
Il existe d’autres modèles pour représenter le paysage politique. Par exemple, on peut définir une organisation des partis autour d’un axe mesurant le degré d’interventionnisme de l’Etat, allant de l’anarchisme au totalitarisme. Mais on risque encore une fois d’avoir un centre qui ne veut rien dire, et il n’existe pas de partis anarchistes, encore moins de partis totalitaristes. Ce modèle est peut-être meilleur que l’actuel, mais pas convaincant.
David Nolan (fondateur du Parti libertarien américain), a défini une lecture alternative du clivage gauche-droite. Il a séparé les question économiques et sociales. Il montre ainsi les libertés économiques sur l’axe des abscisses et les libertés individuelles en ordonnée. Ainsi, la représentation de la place d’un parti sur l’échiquier est un peu plus complète, elle offre plus de paramètres. Mais une question demeure, celle de la justesse du positionnement des partis sur le diagramme. En effet, l’utilisation de ce diagramme est forcément arbitraire, donc pas nécessairement juste ni honnête.

Il existe d’autres modèles présentés sur la page Wikipédia « Echiquier politique », mais aucun ne me semble réellement adéquat. Car, une fois positionné quelque part sur l’échiquier, un parti se retrouve finalement cantonné dans sa case. Il va être obligé de ne pas mordre sur les lignes, et sa position va influencer la place du parti dans l’esprit des électeurs. De telles distinctions sont trop réductrices, bien souvent arbitraires et elles faussent le débat en occultant le fond, les idées, au profit de la forme.
Finalement, est-il vraiment utile d’essayer de représenter les partis graphiquement ? Est-il utile de regrouper les idées selon des concepts de « droite et de gauche », de « progressistes et conservateurs », ou d’autres encore ? Les idées ne sont-elles pas plus importantes ?
Dans un paysage politique où ses acteurs sont surtout animés par leur réussite personnelle, il serait plus intéressant de laisser libre cours aux idées, aux véritables propositions, afin de court-circuiter les ambitions personnelles des grands magnats des sphères politiques au profit, pour une fois, des citoyens et de leur Etat.
J’écoute du rap sérieusement depuis un an et demi. Par sérieusement, je veux dire que mes playlists sont exclusivement hip hop depuis cette période, auparavant, TTC, La Caution, le Klub des Loosers ou les Svinkels se contentaient de compléter des playlists plus variées (Electro, chanson française…).
Aujourd’hui, seuls La Caution et le Klub des Loosers ont gardé leur place et tous les autres ont été remplacés par des artistes comme la Sexion d’Assaut (3ème Prototype, Black Mesrimes, Doumams…), Intouchable, ATK, Dontcha, Kla-CX, OrelSan…
Le rap est souvent décrié : il est très facile de ne pas l’aimer. En effet, je l’ai moi-même détesté pendant des années, car il souffre de radios comme Skyrock qui diffusent inlassablement des Faf la rage ou La fouine. Quand on creuse un peu plus le genre, et qu’on s’adonne à cette façon tout à fait différente d’aborder la composition musicale en général et les enchaînements rythmiques en particulier, on se rend compte que c’est un genre très technique pratiqué par des artistes parfois impressionnants.
Techniquement, le rap, c’est quoi ? Le socle, c’est « une instru », « une prod », « un beat », quel que soit le nom qu’on lui donne, c’est une boucle musicale qui sert de base rythmique et sur laquelle les MC « posent » leur texte. Et c’est ce dernier qui est le plus important, puisque la seule personne qui fait vraiment bouger son morceau, c’est le MC, par son flow et ses rimes.
Il y a quelques termes qui méritent une explication. Le premier, c’est le flow, bien sûr. Ce qu’on appelle flow, c’est le rythme du rapeur, c’est la façon de nommer sa capacité à cadencer la diction de son lyric avec style.
Il y a aussi la punchline. Qu’on appelle aussi « phase » quand elle s’étend sur plusieurs « vers ». Une punchline, c’est une phrase choc, un effet de style percutant, c’est ce qu’on retient, et qu’on veut que les autres entendent. Exemple : « Le rap français on s’en charge, parole de sénégalais / l’équipe de choc, que tous les mecs essaient d’égaler ». Cette punchline est dingue, car la rime sénégalais / essaie d’égaler est de celle qui écrase des têtes.
Contrairement à ce qu’on peut penser, un freestyle n’est pas une improvisation. En fait, ce qui est improvisé, c’est le choix du texte. En effet, une session freestyle se fait sur une instru plus ou moins au hasard, et le MC doit choisir le texte qui se pose le mieux sur cette ligne rythmique.
Bien sûr, il y a plusieurs genre de rap. Il y a par exemple celui qui m’a fait l’aimer, c’est l’egotrip, où le MC est là pour se la raconter et tacler les autres rapeurs. Il met son ego en scène, et pour se démarquer, il doit assurer, il doit retourner la tête de son auditoire avec un flow de taré et des punchlines de qualité.
Il y a aussi ce qu’on appelle le rap conscient, où le MC exprime des faits concrets, où il dépeint une réalité. Le rap conscient, c’est celui dans lequel le rapeur raconte.
Évidemment, il existe aussi des morceaux qui n’entrent pas dans des schémas classiques, des morceaux pour se marrer ou pour raconter une histoire.
Enfin, comme dans tous les genres, on a une appellation pour chaque nuance, tout comme il y a un nom pour toutes les déclinaisons du rock ou du métal.
Dans les extraits, j’ai bien sûr mis ce que je préfère, avec une très large prédominance de la Sexion d’Assaut, qui pour moi est ce qu’il y a de meilleur dans le rap français. Je n’ai pas mis les éternels IAM, NTM, Fonky Family… car tout le monde les connaît, et qu’ils sont maintenant vieux. D’accord, j’ai mis des morceaux de Dontcha qui datent de 99, mais il assure ce négro.
Voici, dans l’ordre d’apparition, les artistes que vous avez pu entendre :
Axiom – J’kiffe le rap français
La Caution – Boîte de macs feat China
Klub des loosers – Le manège des vanités
Sexion d’Assaut – Routine
[clip] Sexion d’Assaut – Ah ouais parait qu’j’suis doué + Même pas l’smic
Intouchable – Joue pas avec la bouffe
Orelsan – Jimmy Punchline
3ème Prototype (Sexion d’Assaut) – Arrête de te plaindre
3ème Prototype – Fils de lache
Dontcha – Bordes du fleuve
Orelsan – Gros poissons dans une petite mare
2bal – 2neg – Labyrinthe
Dry – Wati-bonhomme feat Sexion d’Assaut
Kla-Cx – D’la came lyricale feat Fat Lyricist
La Caution – Majeurs à l’index
Maître Gims – Tsounami feat Sexion d’Assaut
Dontcha – Schizophrène
Quelques sites pour découvrir de nouveaux artistes, des freestyles, des sons, des clips :

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